Suppression des emplois aidés

Intervention de Noëlle Corno lors du Conseil Municipal du 25 septembre 2017 (vœu du conseil municipal)

Le gouvernement a décidé de supprimer les emplois aidés au motif que le financement de contrats précaires est inefficace pour lutter durablement contre le chômage.

Soit ! Mais ce n’est pas parce qu’un emploi est aidé qu’il doit être précaire.

Pourtant, aujourd’hui, c’est le cas de beaucoup de personnes qui travaillent en accumulant une succession de contrats précaires. On ne peut pas construire sa vie ainsi.

Or, le Gouvernement a tort quand il veut supprimer les contrats aidés pour les remplacer par des formations qualifiantes. Les personnes qui ont plus de 50 ans ou qui sont travailleurs handicapés ou qui ont longtemps été éloignées de l’emploi, peuvent-elles raisonnablement espérer retrouver un travail normal dans une entreprise parce qu’on supprime leur contrat aidé ?

Il y a des pans entiers d’activités professionnelles qui ne sont pas rentables au sens du sacro-saint dogme économique, et dont les missions sont assurées par les services publics et le secteur associatif. Ces structures ne survivront pas si on cesse de les subventionner.

Alors que dans le même temps, le gouvernement baisse les dotations aux collectivités locales, ces dernières baissent, elles-aussi, leur niveau de subventions au secteur associatif.

L’étranglement est double.

L’économie invoquée par la suppression des contrats aidés est de l’ordre de 4 milliards d’ par an, alors que 20 milliards d’ par an de créances fiscales sont accordées par le biais du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE), dont les effets sur l’emploi sont flous et limités.

Pourquoi le gouvernement ne finance-t-il pas l’emploi pérenne en créant un fonds national pour l’emploi durable, destiné en premier lieu à l’emploi des personnes qui en sont les plus éloignées, à l’instar du Fonds National Pour l’Emploi Pérenne dans le Spectacle.(FONPEPS)

Une fois de plus, on observe que ce sont les plus fragiles qui doivent supporter les efforts budgétaires. C’est inacceptable ! Mais il est tout aussi inacceptable que les contrats aidés pérennisent la mise en place d’un salariat à 2 vitesses.

Aussi nous devons veiller à ce que ces contrats ne servent pas à sous payer des emplois effectifs auxquels ont recours les entreprises du secteur marchand qui utilisent ce dispositif comme effet d’aubaine ou que des structures publiques ou associatives n’ont pas les moyens de financer.

Le dogme sans cesse martelé de la baisse du coût du travail pour créer de l’emploi se trouve là dans une impasse politique et sociale. Comme le disait l’essayiste Albert Jacquard, lorsque le pouvoir est aux mains des économistes, comme c’est le cas depuis déjà plusieurs décennies, il fabrique une structure sociale aberrante, source de misère et de désespoir pour ceux qui sont exclus du système. Alors, à quand un gouvernement capable de  montrer à chacun qu’il n’est pas de trop, que par son appartenance à la communauté humaine, il doit être considéré comme une source, non comme une charge ?

[ndlr : le site « Rends les contrats aidés » directement accessible en cliquant sur l’image]

Ce contenu a été publié dans 09 septembre 2017, Animation, Budget - Finances, Education Jeunesse, Environnement, Handicap, Services publics, Solidarité, Sport. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.