Gestion de l’eau : des marges de progression importante pour la rendre accessible à tous

Intervention de Noëlle Corno lors du Conseil Municipal du 13 novembre 2017

Dans le rapport complet de Nantes Métropole de 96 pages sur lequel nous avions travaillé pour le dernier conseil, à la page 4, les chiffres clés de 2016 mettent en évidence des pertes importantes dans le réseau, de l’ordre de 20% de l’eau produite : 38 millions de m³ mis en distribution pour 31 millions de m³ consommés par les abonnés avec une consommation annuelle de 50m³par habitant pour les 619 240 personnes recensées.

Bien évidemment, c’est une moyenne qui n’exprime pas les disparités de consommation des ménages. Pourtant, la tarification sociale de l’eau appliquée par Nantes Métropole exige une consommation nettement moindre pour les personnes à faible revenu puisque l’aide ne porte que sur une « consommation raisonnée » de 30m3 par personne.

En utilisant le simulateur du site de Nantes Métropole, on note qu’un couple avec 2 enfants et 13200€ de revenus annuels ne bénéficie déjà plus du tarif social. La limite est donc atteinte à 1100€/mois, c’est-à-dire même pas un SMIC de 1149 € dans le foyer. Or, selon l’Observatoire des inégalités, un couple avec 2 enfants de moins de 14 ans est considéré pauvre avec moins de 1 777€ de revenu mensuel.

C’est donc une double peine pour les foyers les plus fragiles économiquement : ils sont priés de moins consommer et l’aide n’est pas substantielle. En effet, 6145 ménages ont bénéficié d’un versement moyen de 57 , pour un total de 350 000 en 2016.

Selon L’INSEE, 14 % de la population française vit sous le seuil de pauvreté. Pour l’agglomération, on peut estimer que 86 000 personnes, soit 29 000 foyers, sont précarisées. Trop peu d’entre elles ont accès à cette tarification sociale. Or, un dispositif prenant en charge un pourcentage de la facture selon les tranches de revenu permettrait à ces populations d’avoir accès à cette tarification solidaire.

Faisons une petite digression pour noter que le montant alloué aux publications est de 742 000 € pour 2016. Cette ligne budgétaire concerne, entre autres, la gazette métropolitaine qui met plutôt en avant les préoccupations des catégories socioprofessionnelles supérieures. Le coût de cette communication est 2 fois supérieur au financement de la tarification sociale de l’eau.

Face à cette mise en perspective, la métropole a une grande marge de progression avant d’affirmer qu’elle rend l’eau « essentielle » accessible à tous. Encore faut-il qu’elle en ait la volonté politique.

– Pour ce qui concerne l’eau à la Chapelle-sur-Erdre

La commune ne reçoit pas que l’eau provenant de Nantes. Une partie nord est alimentée par le réseau de Nort-sur-Erdre. Et cette eau est problématique en raison des pratiques agricoles inadaptées sur le périmètre de captage du Plessis-Pas-Brunet. Les nitrates et les pesticides y sont très présents.

A propos de l’assainissement, le rapport précise que « l’épandage agricole des boues permet de restituer au sols les nutriments et oligo-éléments exportés par les cultures lors de la récolte. Il évite ainsi l’appauvrissement des terres et participe à l’entretien de l’état humide. »

Or, les épandages se font toujours sur les mêmes parcelles (officiellement seulement tous les 3 ans). Il est difficile de trouver des agriculteurs volontaires et pour des raisons de coûts ils doivent être proches de Nantes. Il y a donc accumulation des effets négatifs de ces épandages.

Mais la clé de bonnes pratiques en matière d’épandage de boues d’épuration devrait être de les répartir sur un maximum de surfaces pour mieux restituer les minéraux aux parcelles. C’est la concentration qui fait la pollution.

Quels contrôles sont réalisés sur les parcelles incluses dans un plan d’épandage des boues sur le territoire de la commune et par qui sont-ils opérés ? Les résultats sont-ils consultables par la population ?

Ce contenu a été publié dans 11 novembre 2017, Métropole, Services publics. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.