EHPAD, service à domicile : conditions de travail et dignité des personnes

Intervention de Noëlle Corno lors du Conseil Municipal du 21 décembre 2017

En raison de l’allongement de l’espérance de vie, la Loire Atlantique va connaître dans les années à venir un fort vieillissement de sa population. Il a été estimé qu’entre 2010 et 2040, il y aurait 79 000 octogénaires en plus sur le département (c’est-à-dire 2 600 octogénaires de plus chaque année en moyenne, soit 2,8 % de croissance annuelle moyenne). Aussi, l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie est-il un enjeu particulièrement important.
Si plus de la moitié des personnes fortement dépendantes vivent en institution médicalisée, la perte d’autonomie n’implique pas systématiquement la vie en établissement. Deux tiers des personnes âgées dépendantes vivent chez elles et ont recours à l’aide à domicile.
Or, le vœu ne fait état que des personnes âgées vivant dans les EHPAD.
Pourtant les dispositifs d’accompagnement et de soins à domicile englobent des secteurs dans lesquels les personnels et les bénéficiaires sont tout autant en détresse.
Sur le département, des personnels exténués sont actuellement en grève dans l’indifférence générale. Leurs conditions de travail sont indignes et ont des répercussions sur leur santé et celle des bénéficiaires qui subissent, dans leur intimité, des changements incessants de professionnels. Cette maltraitance institutionnelle doit effectivement cesser.

Si le vœu dénonce les restrictions budgétaires gouvernementales, le Département n’est pas exempté de responsabilité. Par ses choix budgétaires, il indique, lui aussi, les priorités qu’il donne aux différentes missions qui lui incombent. Espérons que ce ne soient pas les plus fragiles qui passent en premier à la moulinette de l’austérité !

Le vœu se désole également de la perte des contrats aidés. Mais ces contrats ne peuvent pérenniser une situation de précarité. Attention à ne pas encenser un système qui sous-paye des emplois effectifs auxquels ont recours les entreprises privées, publiques ou associatives, utilisant ce dispositif soit comme effet d’aubaine ou soit parce qu’elles n’ont pas d’autres moyens de les financer.

Néanmoins, sur le fond, ce vœu exprime des inquiétudes partagées sur l’orientation des politiques publiques de santé. À ce titre, je le soutiendrai.

Ce contenu a été publié dans 12 décembre 2017, Services publics, Solidarité. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.