Rapport de Nantes Métropole : l’attractivité reste le maitre mot !

Intervention de Katell Andromaque lors du Conseil Municipal du 12 novembre 2018

En remarque préalable, Nantes Métropole est bien éloignée des habitantes et habitants des communes qui la compose.

Les rapports de Nantes Métropole sont uniquement présentés en Conseil Municipal et ne font pas l’objet d’un vote. Le mode d’élection des élu.es communautaires ne permet que très peu la représentation des groupes minoritaires. Aucune des listes issues de la gauche dans les communes de l’agglomération n’ont de représentant au conseil communautaire. Nous ne pouvons qu’espérer que cela sera modifié d’ici 2020.

Ce point préalable posé, quelques remarques concernant le contenu des rapports :

-L’attractivité : il est très clair et constant que l’objectif est d’être une métropole compétitive à l’échelle européenne. La question qui me taraude est « mais pourquoi ? » A quoi sert d’être une métropole à dimension européenne ? A créer de l’emploi ? Les emplois à très « haute valeur ajoutée » (terme assez ignoble je vous l’accorde) ne s’adressent pas en 1ere instance aux habitante et habitants de la métropole ou de sa périphérie mais à des personnes qui viennent d’autres villes : des villes saturées et devenues difficile à vivre au quotidien, comme Paris ou Lyon, ou des villes qui n’offrent plus de perspectives, l’activité étant aspirée par les métropoles.

Personne autour de cette table, et certainement pas moi qui ai fait partie de ce mouvement, ne met en doute que Nantes est aujourd’hui une ville agréable et nous ne pouvons que comprendre les personnes qui viennent s’y installer et qui parfois choisissent notre commune. Mais est-ce que cela doit être la boussole politique ? Nous ne le pensons pas. Prenons en compte cet élément comme une contrainte mais ne l’espérons pas.

Je cite Janez Potocnik, commissaire européen pour l’environnement : « Les villes croissent trop vite. Cela va accroître les problèmes de la ville, mettre la pression sur nos précieuses ressources et sur nos infrastructures déjà fragiles. Le temps nous est compté et nous devons changer, penser long terme et non court terme »

– A aucun moment, le rapport n’analyse les relations de la Métropole avec les territoires immédiatement liés à elle. Un partie des politiques publiques ne peut pas s’envisager uniquement sur le territoire de la métropole. Ce sont bien sûr les transports qui en sont les plus emblématiques. La dispersion de l’habitat des plus modestes aux périphéries conduisent à des déplacements pendulaires importants

– Social : nous assistons à une gentrification à marche forcée de la ville. Qui peut encore se loger dans la métropole nantaise s’il n’a pas la chance d’accéder à un logement social ? Certainement pas les plus modestes, qui doivent donc s’éloigner de la « centralité » comme le dit si joliment le rapport. Les politiques de tarification sociale ne sont pas convaincantes. Nous l’avons dit par ailleurs, concernant l’eau ou les transports. Je ne reviendrai pas sur nos interventions des précédents conseils.

– Environnement : je l’ai dit dans mon intervention introductive, la transition ne peut plus être un sujet connexe à l’attractivité et au développement économique. Elle doit être au coeur de toutes les préoccupations et de toutes les politiques publiques. Nantes a les moyens financiers d’être plus ambitieuse : choisir maintenant d’investir massivement dans les transports, de consacrer une part importante de ses budgets de fonctionnement vers leur gratuité, avoir une politique ambitieuse sur les déchets (nous y reviendrons plus tard), sur la production et les économie d’énergie.

Un petit clin d’oeil : à l’heure où la « sobriété » est nécessaire, ce terme apparaît deux fois dans le rapport thématique :

  • page 17 à propos du projet managérial « maintenir l’exigence de qualité et de sobriété du service public » : j’ai du mal à comprendre la notion de « sobriété des services publics », est-ce que cela veut dire qu’ils doivent être peu coûteux ?
  • Page 89 à propos de la « sobriété » des éclairages publics, ce qui paraît plus compréhensible

– Démocratie : nous avons vu ce soir, avec l’intervention de l’association qui s’oppose à l’installation de l’aire d’accueil des gens du voyage à la Verrière, la question démocratique est au coeur de la vie de la cité. La marche arrière sur le Yellow Park est un signe positif mais à quand des votations citoyennes et référendums d’initiative populaire qui seraient des outils de réelle implication et coopération des habitantes et habitants. Je voudrais rappeler que la démocratie n’est pas là pour faire joli mais est un facteur important du sentiment d’appartenance, une façon solide de « faire société » et de permettre de construire une résilience collective, c’est-à-dire une capacité à absorber collectivement les difficultés

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