Eau et déchets : peu d’ambition de Nantes Métropôle

Intervention de Katell Andromaque lors du Conseil Municipal du 12 novembre 2018

Eau potable :

Comme nous n’avons pas eu l’occasion de discuter du rapport en commission, j’ai des questions qui ne devraient pas avoir leur place dans un conseil municipal où nous devrions être dans du débat et peu dans de l’échange technique :

– 20,6% de l’eau mise en distribution n’est pas consommée par les abonnés (31 millions de m³ sur 40 millions). C’est beaucoup  quelles sont les explications

Le rendement du réseau ne s’est pas amélioré depuis 2013 (84,7% et 84,4% en 2017). Le taux linéaire de pertes a augmenté (5,8  6,2 m3 / km /j). Encore une fois quelles en sont les explications et quel est le plan d’action.

Concernant la qualité de l’eau distribuée :

Les quartiers nord de notre commune, c’est-à-dire notamment La Brosse et Mouline, sont alimentés par l’usine du Pas Brunet à Nort sur Erdre. C’est un périmètre de captage qui pose problème du fait d’une agriculture totalement inadaptée. Les eaux de surface sont totalement polluées et inutilisables pour l’eau potable. On a abandonné les prélèvements les moins profonds en allant chercher de l’eau « fossile » issue d’une période où l’agriculture ne polluait pas. Le problème c’est que le vidage des nappes profondes entraîne l’infiltration de l’eau des nappes plus superficielles qui alimentent ainsi ces nappes profondes en pesticides et nitrates.

La situation est totalement inacceptable :

  • 38,6 mg de nitrates en moyenne

  • 137 jours / an de dépassement des normes en pesticides (0,10 µg/l) avec des pics à 0,40 µg/l

Nous vous demandons de faire pression auprès de la CCEG et de la Préfecture pour qu’un véritable plan d’action soit engagé pour supprimer totalement ces pollutions d’origine agricole qui empoisonnent une partie des chapelains et compromettent l’alimentation en eau potable pour des années.

Je demande un engagement formel de cette assemblée en ce sens.

Concernant l’assainissement :

Les stations de traitement de la Métropole produisent 12304 tonnes de boues chaque année. Il faut savoir que ces boues qui sont épandues sur une surface limitée posent des problèmes par le retour fréquent sur les mêmes parcelles. Par ailleurs elles ne sont pas neutres pour les sols en modifiant les équilibres microbiens.

Pourquoi des parcelles situées dans des ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique) sont-elles inclues dans le plan d’épandage ? C’est le cas sur notre commune.

Pouvez-vous affirmer que les temps entre 2 épandages sur une même parcelle sont respectés sur notre commune ? .. et nous fournir les informations à ce sujet ?

Concernant les déchets :

Peu de nouveautés dans le rapport cette année encore : un peu moins de 5% de diminution en 7 ans et une ambition de diminution du même ordre d’ici 2020, donc pour dans 2 ans. Dans les actions présentées, l’accent est mis de façon très forte sur le gaspillage alimentaire, ce qui est un axe important il est vrai. La question des déchets liés aux produits emballés, aux biens d’équipement, à obsolescence programmée est bien plus complexe. La métropole pourrait avoir une action culturelle en limitant voir en supprimant la présence de la publicité dans l’espace publique. Ce serait vraiment une action qui permettrait le changement de paradigme dont nous avons besoin pour répondre aux urgences environnementales.

Le recyclage est par ailleurs plus développé dans d’autres territoires. A quand un vrai progrès sur cette question ?

Ce contenu a été publié dans 11 2018 novembre, Métropole, Services publics. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.