Accueil des populations « roms » : des terrains d’insertion prometteurs

Intervention de Katell Andromaque lors du Conseil Municipal du 21 décembre 2018

En Loire-Atlantique, près de 2000 personnes, dont de nombreux enfants, vivent dans des bidon-ville. Ce chiffre est à mettre en parallèle des 1 million 400 mille habitants du département. Les conditions de vie dans ces bidonvilles sont indignes, la santé des personnes précaires, la scolarisation des enfants difficiles.

Les personnes qui ont quitté la Roumanie ou la Bulgarie, des Européens donc, pour venir jusque dans les pays de l’Europe de l’Ouest fuyaient une situation de grande difficulté économique et de discrimination. La plupart d’entre eux choisissent d’autres pays que la France. En Espagne, par exemple, où ceux qu’on appelle les « roms » sont 5 fois plus nombreux qu’en France, il n’existe pas de « problème roms », notamment grâce à l’accès au logement.

En France, l’absence de réponse politique globale a conduit à l’émergence de bidonvilles. Chaque évacuation met en errance des dizaines de personnes, dont des bébés et des enfants, qui n’ont pas d’autres choix que de recréer un bidonville ailleurs. Il n’est pas rare que des gens soient expulsés plusieurs fois en une seule année. Les expulsions ne peuvent pas être une solution pérenne. Elles ne font qu’exacerber la question et créé des ruptures de scolarisation dramatique pour les enfants.

Une Maîtrise d’Oeuvre Urbaine et Sociale a été créé par Nantes Métropole. A Rezé, le remplacement de bibonvilles par des terrains aménagés et permettant une intervention sociale a été la conséquence d’une démarche d’élaboration qui mérite d’être saluée.

Les communes de l’agglomération qui n’accueillent pas de tels terrains sont appelées à contribuer financièrement à leur création et à leur maintien. Nous ne pouvons que le saluer. Notons que le montant de cette contribution est faible et qu’aujourd’hui seule une partie des personnes vivant en bidonville pourra bénéficier de cette solution transitoire vers l’intégration pleine et entière dans la société. Ce processus doit donc se développer dans les années à venir vers la résorption totale des bidonvilles.

Je voterai POUR cette délibération.

La Chapelle sur Erdre accueille quant à elle 2 familles. Cet accueil n’a aucun lien avec la Maîtrise d’Oeuvre Urbaine mais les personnes concernées ayant des histoires similaires, un lien peut être fait entre les deux sujets.

Le travail réalisé par le CCAS dans ce cadre est à saluer. L’intégration des plus jeunes dans la commune et la volonté des jeunes adultes d’intégrer des logements hors accueil d’urgence est prometteuse pour l’avenir. N’oublions pas que nous demandons à des gens d’atteindre une autonomie économique alors qu’ils font forcément face à de fortes discriminations face à l’emploi (c’est déjà compliqué pour des personnes sans particularité d’origine mais seulement des parcours de vie non lisses). Nous leur demandons également de renoncer à une partie de leur culture, notamment concernant l’habitat, adapté en France à des faibles tailles de foyer (des parents et quelques enfants au maximum) alors que ceux qu’on appelle les roms vivent de façon inter-générationnelle.

Alors oui, l’accueil a un coût, oui des pratiques peuvent choquer ceux qui n’y sont pas habitués et ne sont pas prêts à accepter ce qui leur est étranger. Mais c’est le prix d’une société apaisée, dans laquelle tout le monde a à gagner. Nous sommes une société riche, même si elle est bien trop inégalitaire. Nous avons le devoir humain de partager cette richesse.

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