Au-delà des mots … quelles mesures concrètes dans le PLUm ?

Extrait de l’intervention de Joseph Violain au Conseil Municipal du 2 mai 2016

Les objectifs affichés dans ce PADD sont louables et on peut y adhérer mais les réalités que l’on observe aujourd’hui sont bien différentes. Comment va-t-on intégrer dans la réglementation du PLUm des mesures de nature à réellement influencer le cours de l’évolution urbaine ?

Pour illustrer les enjeux et les difficultés je ne prendrais que quelques exemples issus du document objet de notre débat.

Une métropole du bien vivre ensemble et de solidarités avec des espaces de respiration, des espaces publics de qualité.

La réalité de notre commune comme des autres ; c’est une division des parcelles dans les lotissements pavillonnaires avec une densification anarchique, la disparition des arbres en ville (trop encombrants), le remplissage optimisé des opérations immobilières sans aucun espace à vivre. Les espaces verts existent pour respecter la réglementation du PLU mais ils ne sont pas utilisables par les habitants.

Un territoire de référence pour la transition écologique et énergétique.

Le constat : notre espace est monopolisé par la voiture pour les stationnements, les déplacements, le budget des ménages. Toute notre organisation urbaine est centrée autour de la voiture. La densification peut paraître une solution en favorisant les déplacements alternatifs, transports en commun notamment, mais il faut aller dans les opérations immobilières récentes pour constater que ça ne fonctionne pas.

Une métropole innovante, créative, attractive et rayonnante.

Qui pourrait être contre ? Cependant on est dans une logique de croissance qui induit une consommation de ressources dont on sait qu’elles sont limitées. On est aussi dans une logique de concentration urbaine, même si on affirme par ailleurs la volonté de liaisons harmonieuses entre les territoires. Pourquoi concentrer si on est en réseau ?

Une métropole reliée dans une logique d’alliance des territoires.

« Nantes Métropole est particulièrement engagée aux côtés de Saint Nazaire, Rennes, Angers, Brest » Très bien ; mais alors pourquoi n’est-ce pas possible pour la mise en réseau des aéroports ?

Une métropole de proximité.

Oui mais où sont les centralités dont on parle ? Va-t-on supprimer les grands centres commerciaux et leurs immenses parkings ? Va-t-on réellement favoriser les commerces et les services de proximité ? Comment va-t-on réduire les besoins de déplacements domicile-travail ou pour s’approvisionner en produits alimentaires ? Va-t-on mettre à la disposition des habitants des lieux de rencontre, de convivialité ?

Dessiner la métropole dans son jardin.

Beau projet !

Réduire la consommation d’espace agricoles et naturels de 50% signifie passer de 160 Ha par an à 80. Ce n’est pas réellement construire la ville sur la ville. Pour y parvenir et aller plus loin, il faut organiser la mutation des zones pavillonnaires qui ont déjà consommé l’espace. Elles doivent muter par une densification maîtrisée et de qualité.

Notons au passage que si on construisait un aéroport à Notre Dame des Landes on consommerait autant d’espace qu’en 20 ans dans l’agglomération nantaise au rythme de 80 Ha par an.

Je cite page 23 : « la préservation et l’aménagement des grandes vallées …(le Gesvres est cité)… permettent aux habitants du territoire de bénéficier d’une nature de proximité ». Oui le patrimoine naturel doit être valorisé au bénéfice des habitants mais il faudra beaucoup plus que des discours pour obtenir des résultats quand on voit les difficultés pour réaliser des chemins à la Chapelle. Des plans de gestion doivent être élaborés pour requalifier et protéger les espaces naturels. Les préconisations environnementales du code de l’urbanisme permettent aujourd’hui d’agir sur ces aspects.

Je note avec intérêt que la gestion de l’eau dans l’espace urbanisé de manière plus naturelle est mise en avant. Notre commune a été pionnière en ce domaine sur les Perrières mais les opérations immobilières d’initiative privée restent médiocres sur ce point.
Développer la nature en ville ; c’est chose faîte dans notre commune pour les espaces publics mais dans les opérations immobilières privées il reste beaucoup à faire. L’organisation de l’espace est essentielle sur ce point. Le règlement du PLU devra donc être très contraignant à ce sujet.

Agir contre le changement climatique.

Les objectifs sont clairement identifiés : améliorer l’efficacité énergétique des constructions et réduire la dépense énergétique pour les déplacements. Sur le premier point l’instauration d’un argus des logements en fonction de leur performance énergétique permettrait de mobiliser les ressources financières dans ce but au lieu d’alimenter la spéculation immobilière. Sur le 2e point il ne suffit pas de concentrer l’habitat pour résoudre les problèmes de déplacements. Une analyse fine de la complexité des déplacements, chacun ayant des besoins spécifiques, doit être engagée.

Développer l’écosystème numérique nantais et assurer la transformation numérique de l’économie métropolitaine

L’économie numérique est souvent parée de toutes les vertus et présentée comme la solution à beaucoup de problèmes. Au-delà de l’effet de mode il convient de discerner les réels progrès des services plus ou moins utiles qu’elle propose. Elle sert trop souvent d’alibi à des suppressions d’emploi qui avaient une utilité sociale. La suppression de la boutique SNCF en est un exemple frappant. Par ailleurs elle n’est pas si vertueuse sur le plan énergétique.

Soutenir une agriculture durable de proximité et favoriser le développement des filières locales d’approvisionnement et des circuits courts

La marge de progrès est immense dans ce domaine. Ce sont les modes d’approvisionnement alimentaire qui sont à revoir pour le bénéfice des consommateurs et pour développer massivement les emplois à la production. A titre d’illustration, un maraîcher bio alimente 50 familles en AMAP pour 1 Ha et 1 emploi.

Quels outils la métropole est-elle prête à développer pour :

  • Maîtriser l’attribution du foncier agricole à des producteurs peu consommateurs de surface et respectueux de l’environnement,
  • Développer des modèles d’exploitation capables de contribuer à la gestion des espaces naturels en appoint à une activité de production,
  • Faciliter le développement des AMAPs par la mise à disposition de locaux adaptés dans les quartiers qui peuvent par ailleurs avoir d’autres fonctions pour la vie locale ?

Favoriser les commerces et services de proximité dans les centralités et polarités économiques de proximité

La migration des commerces dans les galeries commerciales des grands centres continue au détriment des centre-ville des communes périphériques, la Chapelle ne fait pas exception. Les mesures concrètes pour enrayer cette tendance restent encore à définir. Le développement du e-commerce n’a pas toutes les vertus qu’on lui attribue, notamment en matière d’emploi et d’impact énergétique.

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