Rapport de la Chambre Régionale des Comptes portant sur les comptes de Nantes Métropole

Intervention de Joseph Vilain lors du Conseil Municipal du 2 mai 2016

cour-des-comptes-1024x680Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes potant sur Nantes Métropole relève la bonne santé financière de Nantes-Métropole qui dégage un excédent de fonctionnement suffisant pour avoir un recours limité à l’emprunt pour financer ses investissements.

Cependant il pointe du doigt un certain laxisme dans la régularisation des équipements dont la réalisation est terminée afin de permettre leur amortissement. Par exemple la ligne 3 du tram a été portée dans le compte approprié 18 ans après sa réalisation.

Il note également une connaissance du patrimoine approximative. Si le budget principal est sain, le budget annexe de la gestion des déchets présente des excédents substantiels dus à des investissements projetés mais non réalisés. C’est 11M€ en 2014 qui ont été collectés en trop par la TEOM. Comment se fait-il dans ce cas que la réfection de la déchetterie de la Chapelle ait pris autant de retard ?

Le rapport note également que l’objectif d’évolution des modes de déplacements prévu par le PDU à l’horizon 2010 n’a pas été atteint. La part de l’automobile devait passer de 62% à 50% et elle était encore de 57% en 2008. L’usage des transports en commun devait passer de 13,9% à 18%, elle est restée à 15%. L’usage du vélo et la marche devait atteindre 32% elle est restée à 26%. Dans le même temps l’offre de transports en commun a bien évolué positivement au-delà des objectifs, ainsi que leur fréquentation. Par contre les équipements prévus pour développer la pratique du vélo ont pris du retard. Ces résultats montrent une fois de plus qu’il est relativement facile et efficace de faire évoluer les pratiques de déplacements dans le centre de l’agglomération mais que cette évolution est compensée négativement par les déplacements issus des communes périphériques et des territoires hors métropole. Il est presque impossible à un habitant de la Chapelle de se rendre en transports en communs à Carquefou ou Saint Herblain et encore plus à Treillières dans des délais raisonnables. Il ne faut donc pas s’étonner que le nombre de voitures sur le périphérique continue d’augmenter. L’analyse des besoins de déplacements doit passer d’une vision centrée sur Nantes à une vision de la complexité des besoins où chaque habitant a des besoins différents de son voisin. La tâche est immense et complexe mais on ne progressera pas sans s’y attaquer sérieusement.

Cet aspect nous ramène à la question des équilibres entre les territoires. Je ne suis pas certain que la concentration de l’habitat à l’intérieur du périphérique qui nous est présentée dans le PADD soit une réponse fiable à cette question. Les emplois nouveaux restent majoritairement en dehors du périphérique et la concentration dans l’agglomération n’empêchera pas les communes des territoires voisins de développer leur offre comme c’est le cas aujourd’hui. On aura simplement fait exploser la population de l’aire urbaine sans apporter de solutions aux problèmes de déplacements bien au contraire.

Nous avons besoin d’une vision de l’aménagement du territoire à une échelle beaucoup plus large que les zones d’urbanisation dense. Bien sûr cela ne dispense pas d’améliorer l’organisation de l’espace urbain à l’intérieur de la métropole.

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