Réseau de chaleur à Mazaire : un projet important

Intervention de Katell Andromaque lors du Conseil Municipal du 21 décembre 2018

Etant donné la confusion qui a régné autour de cette délibération, qui n’a pas été présenté dans son intégralité en commission, je n’ai pas participé au vote.

Tout ce qui contribue à la réduction de consommation des énergies fossiles et à la réduction de la production de gaz à effet de serre est à priori positif.

Je souhaite profiter de cette délibération concernant un projet lié à la transition énergétique pour dire quelques mots sur le projet d’éolien sur la commune. Ce projet existe depuis 15 ans, l’entreprise VALOREM y a investi des moyens pour mesurer le potentiel de production, avec des résultats encourageants. Il a été bloqué essentiellement par un autre projet que vous avez soutenu. En effet, aucun opérateur n’aurait poussé les études jusqu’au dépôt de permis de construire tant que cette épée de Damoclès persistait. Des contraintes liées au radar météo de Treillières ont également été évoquées mais ne suffisaient pas à elles seules à bloquer le projet dl’éolien local. Maintenant que l’abandon du projet d’aéroport a levé les obstacles à un tel développement, pouvez-vous nous dire si vous avez l’intention de réactiver ce projet ?

Revenons à la chaufferie bois.

Il n’est pas inutile de rappeler que brûler du bois rejette du CO2, gaz à effet de serre, avec en prime des particules fines. Il ne faut donc pas s’étonner que des riverains et des parents d’élèves se soient mobilisés contre ces équipements, notamment à Rezé, ce qui ne manquera pas d’arriver à la Chapelle.

Une chaufferie bois peut être une solution qualifiée d’énergie renouvelable à certaines conditions :

  • Tout d’abord que la ressource en bois soit d’origine la plus locale possible et s’inscrive dans un processus de production dans lequel les masses produites soient toujours au moins égales à celles qui sont consommées. Sur ce sujet rien n’est réellement fait à l’échelle de Nantes-Métropole, voire du département.

  • Que la part du bois représente l’essentiel de la source d’énergie et que la consommation de gaz soit la plus faible techniquement possible.

  • Que les distances entre le lieu de production de chaleur et la consommation soient les plus courtes possibles. Sur ce plan le site de Mazaire présente des qualités réelles.

  • Que les équipements techniques garantissent au maximum la réduction des rejets de particules fines dans l’atmosphère.

La gestion de cette chaufferie sera confiée dans un premier temps à une entreprise privée. Vous engagez vous à ce que l’origine du bois soit un point majeur de l’appel d’offre ?

Je tiens à préciser que quand je parle d’ « origine du bois », je parle bien de l’endroit où il a poussé et non pas la localisation du siège social ou des entrepôts des prestataires. Pour Rezé, l’entreprise est située en Mayenne mais aucune donnée sur les origines des bois ne sont disponibles.

Autre remarque, la mutualisation des services au niveau de la métropole est à la mode. Si il est effectivement compliqué d’imaginer une régie chapelaine pour la gestion de cette équipement, la multiplication des chaufferies dans l’agglomération rend cela possible à l’échelle métropolitaine. Pouvez-vous porter cette demande auprès de Nantes-Métropole et faire en sorte que le contrat de gestion privée puisse être rompu dès que la régie publique sera prête ?

Une dernière demande : nous souhaitons vivement que le contrat de sous-traitance soit soumis formellement au Conseil Municipal. Merci de me confirmer que ce sera le cas.

Nous avons des réserves concernant la future gestion de cet équipement, mais cela reste un projet important de transition énergétique.

Publié dans 12 2018 décembre, Environnement, Services publics | Laisser un commentaire

Rapport d’orientation budgétaire : le système se fragilise

Intervention de Katell Andromaque lors du Conseil Municipal du 12 novembre 2018

Si l’année dernière, la majorité était critique face aux orientations gouvernementales qui envisageaient des coupes sombres dans ses dotations allouées aux collectivités territoriales, vous semblez cette année regretter le fait que le gouvernement ait des difficultés à descendre le déficit public sous la barre des 3 %. La situation du Portugal, dont le gouvernement d’union des gauches a fait le choix délibéré de ne pas respecter cette contrainte, est édifiante. La politique anti-austéritaire a porté ses fruits avec un redressement impressionnant et démontré qu’une autre voie est possible.

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Publié dans 11 2018 novembre, Budget - Finances | Laisser un commentaire

Plantons des arbres : peut mieux faire !

Intervention de Katell Andromaque lors du Conseil Municipal du 12 novembre 2018

Tout d’abord nous avions alerté lors d’un conseil précédent sur le choix de l’entreprise chargée d’effectuer les plantations. Nous avions des craintes compte tenu de la spécialisation de cette entreprise dans la création des terrains de sport, synthétiques notamment.

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Publié dans 11 2018 novembre, Environnement | Laisser un commentaire

Eau et déchets : peu d’ambition de Nantes Métropôle

Intervention de Katell Andromaque lors du Conseil Municipal du 12 novembre 2018

Eau potable :

Comme nous n’avons pas eu l’occasion de discuter du rapport en commission, j’ai des questions qui ne devraient pas avoir leur place dans un conseil municipal où nous devrions être dans du débat et peu dans de l’échange technique :

– 20,6% de l’eau mise en distribution n’est pas consommée par les abonnés (31 millions de m³ sur 40 millions). C’est beaucoup  quelles sont les explications

Le rendement du réseau ne s’est pas amélioré depuis 2013 (84,7% et 84,4% en 2017). Le taux linéaire de pertes a augmenté (5,8  6,2 m3 / km /j). Encore une fois quelles en sont les explications et quel est le plan d’action.

Concernant la qualité de l’eau distribuée :

Les quartiers nord de notre commune, c’est-à-dire notamment La Brosse et Mouline, sont alimentés par l’usine du Pas Brunet à Nort sur Erdre. C’est un périmètre de captage qui pose problème du fait d’une agriculture totalement inadaptée. Les eaux de surface sont totalement polluées et inutilisables pour l’eau potable. On a abandonné les prélèvements les moins profonds en allant chercher de l’eau « fossile » issue d’une période où l’agriculture ne polluait pas. Le problème c’est que le vidage des nappes profondes entraîne l’infiltration de l’eau des nappes plus superficielles qui alimentent ainsi ces nappes profondes en pesticides et nitrates.

La situation est totalement inacceptable :

  • 38,6 mg de nitrates en moyenne

  • 137 jours / an de dépassement des normes en pesticides (0,10 µg/l) avec des pics à 0,40 µg/l

Nous vous demandons de faire pression auprès de la CCEG et de la Préfecture pour qu’un véritable plan d’action soit engagé pour supprimer totalement ces pollutions d’origine agricole qui empoisonnent une partie des chapelains et compromettent l’alimentation en eau potable pour des années.

Je demande un engagement formel de cette assemblée en ce sens.

Concernant l’assainissement :

Les stations de traitement de la Métropole produisent 12304 tonnes de boues chaque année. Il faut savoir que ces boues qui sont épandues sur une surface limitée posent des problèmes par le retour fréquent sur les mêmes parcelles. Par ailleurs elles ne sont pas neutres pour les sols en modifiant les équilibres microbiens.

Pourquoi des parcelles situées dans des ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique) sont-elles inclues dans le plan d’épandage ? C’est le cas sur notre commune.

Pouvez-vous affirmer que les temps entre 2 épandages sur une même parcelle sont respectés sur notre commune ? .. et nous fournir les informations à ce sujet ?

Concernant les déchets :

Peu de nouveautés dans le rapport cette année encore : un peu moins de 5% de diminution en 7 ans et une ambition de diminution du même ordre d’ici 2020, donc pour dans 2 ans. Dans les actions présentées, l’accent est mis de façon très forte sur le gaspillage alimentaire, ce qui est un axe important il est vrai. La question des déchets liés aux produits emballés, aux biens d’équipement, à obsolescence programmée est bien plus complexe. La métropole pourrait avoir une action culturelle en limitant voir en supprimant la présence de la publicité dans l’espace publique. Ce serait vraiment une action qui permettrait le changement de paradigme dont nous avons besoin pour répondre aux urgences environnementales.

Le recyclage est par ailleurs plus développé dans d’autres territoires. A quand un vrai progrès sur cette question ?

Publié dans 11 2018 novembre, Métropole, Services publics | Laisser un commentaire

Rapport de Nantes Métropole : l’attractivité reste le maitre mot !

Intervention de Katell Andromaque lors du Conseil Municipal du 12 novembre 2018

En remarque préalable, Nantes Métropole est bien éloignée des habitantes et habitants des communes qui la compose.

Les rapports de Nantes Métropole sont uniquement présentés en Conseil Municipal et ne font pas l’objet d’un vote. Le mode d’élection des élu.es communautaires ne permet que très peu la représentation des groupes minoritaires. Aucune des listes issues de la gauche dans les communes de l’agglomération n’ont de représentant au conseil communautaire. Nous ne pouvons qu’espérer que cela sera modifié d’ici 2020.

Ce point préalable posé, quelques remarques concernant le contenu des rapports :

-L’attractivité : il est très clair et constant que l’objectif est d’être une métropole compétitive à l’échelle européenne. La question qui me taraude est « mais pourquoi ? » A quoi sert d’être une métropole à dimension européenne ? A créer de l’emploi ? Les emplois à très « haute valeur ajoutée » (terme assez ignoble je vous l’accorde) ne s’adressent pas en 1ere instance aux habitante et habitants de la métropole ou de sa périphérie mais à des personnes qui viennent d’autres villes : des villes saturées et devenues difficile à vivre au quotidien, comme Paris ou Lyon, ou des villes qui n’offrent plus de perspectives, l’activité étant aspirée par les métropoles.

Personne autour de cette table, et certainement pas moi qui ai fait partie de ce mouvement, ne met en doute que Nantes est aujourd’hui une ville agréable et nous ne pouvons que comprendre les personnes qui viennent s’y installer et qui parfois choisissent notre commune. Mais est-ce que cela doit être la boussole politique ? Nous ne le pensons pas. Prenons en compte cet élément comme une contrainte mais ne l’espérons pas.

Je cite Janez Potocnik, commissaire européen pour l’environnement : « Les villes croissent trop vite. Cela va accroître les problèmes de la ville, mettre la pression sur nos précieuses ressources et sur nos infrastructures déjà fragiles. Le temps nous est compté et nous devons changer, penser long terme et non court terme »

– A aucun moment, le rapport n’analyse les relations de la Métropole avec les territoires immédiatement liés à elle. Un partie des politiques publiques ne peut pas s’envisager uniquement sur le territoire de la métropole. Ce sont bien sûr les transports qui en sont les plus emblématiques. La dispersion de l’habitat des plus modestes aux périphéries conduisent à des déplacements pendulaires importants

– Social : nous assistons à une gentrification à marche forcée de la ville. Qui peut encore se loger dans la métropole nantaise s’il n’a pas la chance d’accéder à un logement social ? Certainement pas les plus modestes, qui doivent donc s’éloigner de la « centralité » comme le dit si joliment le rapport. Les politiques de tarification sociale ne sont pas convaincantes. Nous l’avons dit par ailleurs, concernant l’eau ou les transports. Je ne reviendrai pas sur nos interventions des précédents conseils.

– Environnement : je l’ai dit dans mon intervention introductive, la transition ne peut plus être un sujet connexe à l’attractivité et au développement économique. Elle doit être au coeur de toutes les préoccupations et de toutes les politiques publiques. Nantes a les moyens financiers d’être plus ambitieuse : choisir maintenant d’investir massivement dans les transports, de consacrer une part importante de ses budgets de fonctionnement vers leur gratuité, avoir une politique ambitieuse sur les déchets (nous y reviendrons plus tard), sur la production et les économie d’énergie.

Un petit clin d’oeil : à l’heure où la « sobriété » est nécessaire, ce terme apparaît deux fois dans le rapport thématique :

  • page 17 à propos du projet managérial « maintenir l’exigence de qualité et de sobriété du service public » : j’ai du mal à comprendre la notion de « sobriété des services publics », est-ce que cela veut dire qu’ils doivent être peu coûteux ?
  • Page 89 à propos de la « sobriété » des éclairages publics, ce qui paraît plus compréhensible

– Démocratie : nous avons vu ce soir, avec l’intervention de l’association qui s’oppose à l’installation de l’aire d’accueil des gens du voyage à la Verrière, la question démocratique est au coeur de la vie de la cité. La marche arrière sur le Yellow Park est un signe positif mais à quand des votations citoyennes et référendums d’initiative populaire qui seraient des outils de réelle implication et coopération des habitantes et habitants. Je voudrais rappeler que la démocratie n’est pas là pour faire joli mais est un facteur important du sentiment d’appartenance, une façon solide de « faire société » et de permettre de construire une résilience collective, c’est-à-dire une capacité à absorber collectivement les difficultés

Publié dans 11 2018 novembre, Métropole | Laisser un commentaire